Caractère non verbal de la pensée

 
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Ocremain


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MessagePosté le: Jeu 11 Déc - 12:08 (2008)    Sujet du message: Caractère non verbal de la pensée Répondre en citant

Einstein
    « Dans cette lettre, j’essaie de répondre brièvement et de mon mieux à vos questions, mais je ne suis pas satisfait moi-même de mes réponses...
    Les mots et le langage, écrits ou parlés, ne semblent pas jouer le moindre rôle dans le mécanisme de ma pensée. Les entités psychiques qui servent d’éléments à la pensée sont certains signes ou des images plus ou moins claires qui peuvent « à volonté » être reproduits et combinés. Il existe naturellement une certaine relation entre ces éléments et les concepts logiques en jeu. Il est également clair que le désir de parvenir finalement à des concepts logiquement liés est la base émotionnelle de ce jeu assez vague sur les éléments dont j’ai parlé.
     Mais du point de vue psychologique, ce jeu combinatoire semble être une caractéristique essentielle de la pensée productrice – avant qu’il y ait un passage à la construction logique en mots ou autres genres de signes que l’on puisse communiquer à autrui. Les éléments que je viens de mentionner sont, dans mon cas, de type visuel et parfois moteur. Les mots ou autres signes conventionnels n’ont à être cherché avec peine qu’à un stade secondaire, où le jeu d’associations en question est suffisamment établi et peut être reproduit à volonté.
    D’après ce que je viens de dire, le jeu sur les éléments mentionnés vise à être analogue à certaines connexions logiques que l’on recherche... »
Galton
    « C’est une gêne sérieuse pour moi quand je rédige, et plus encore quand je m’explique de ne pouvoir penser aussi facilement en mots qu’autrement... Il arrive souvent, après avoir durement travaillé et être arrivé à des résultats qui sont parfaitement clairs et satisfaisants pour moi, que quand je veux les exprimer en mots, je sente que je dois commencer par me mettre sur un plan intellectuel tout à fait autre. J’ai à traduire mes pensées dans un langage qui ne me vient pas facilement. Je perds donc beaucoup de temps à chercher les mots et les phrases appropriés, et je me rend compte que, lorsque l’on me demande de prendre la parole à l’improviste, je suis souvent obscur par maladresse verbale et non par manque de clarté dans la conception. »

Hadamard
    « J’insiste pour dire que les mots sont totalement absents de mon esprit quand je pense réellement, et que j’identifierais complètement mon cas à celui de Galton, en ce sens que même après avoir lu ou entendu une question, tout mot disparaît au moment précis où je commence à y réfléchir... et je suis pleinement d’accord avec Schopenhauer quand il écrit : Les pensées meurent au moment où elles s’incarnent dans les mots. »
Penrose
    « Je cite ces exemples parce qu’ils s’accordent très bien avec mes propres modes de pensée. Presque toute ma réflexion mathématique se fait visuellement et en termes de concepts non verbaux, même si les pensées s’accompagnent très souvent d’un commentaire verbal vide et presque inutile, tel que ' telle chose va avec telle chose '. En fait je calcule souvent en utilisant des diagrammes spécialement conçus qui constituent une sténographie de certains types d’expressions algébriques et ce serait très lourd d’avoir à traduire en mots ces diagrammes, je ne le fait qu’en dernier recours s’il devient nécessaire de donner à autrui une explication détaillée.
    J’ai pu également observer qu’à l’occasion, si j’ai passé un certain temps à me concentrer intensément sur des mathématiques, et que quelqu’un m’entraîne soudain dans une conversation, je me trouve presque dans l’incapacité de parler, plusieurs secondes durant. »
    J’ai mentionné qu’il y a , semble-t-il, de nombreuses manières de penser selon les gens — et même de nombreuses manières de penser en mathématiques, selon les mathématiciens. Je me souviens qu’à la veille d’arriver à l’université je m’attendais à ce que les autres, qui devaient devenir mes collègues mathématiciens, pensent plus ou moins comme moi. J’avais fait l’expérience à l’école de camarades de classe qui paraissaient penser plutôt différemment de moi, ce que je trouvais assez déconcertant. Maintenant, pensais-je avec enthousiasme, j’allais trouver des collègues avec qui je pourrais communiquer beaucoup plus facilement ! Comme j’avais tort ! Je crois que j’y ai rencontré plus de différences dans les modes de pensée que je n’en avais jusqu’alors fait l’expérience ! J’avais une forme d’esprit bien plus géométrique et moins analytique que les autres, mais il y avait bien d’autres différences entre les modes de pensée de mes divers collègues. J’ai toujours eu particulièrement de mal à comprendre la description verbale d’une formule, alors que la plupart de mes collègues ne paraissaient pas éprouver la moindre difficulté. »



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MessagePosté le: Jeu 11 Déc - 12:08 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Ocremain


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Inscrit le: 08 Déc 2008
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MessagePosté le: Jeu 11 Déc - 12:09 (2008)    Sujet du message: Caractère non verbal de la pensée Répondre en citant

Il faut séparer la pensée et le langage

    Il n’est pas de moyen plus propice pour observer la diversité des réactions ou des « modes de pensée » que de proposer les descriptions qui précèdent. Oublions charitablement (pour le moment) l’indifférence ou le mépris. Ces récits ne « parlent pas » à certains esprits férus de précision et de logique.


    D’autres y voient au contraire leur propre expérience comme mise à nu.


    Certains pensent qu’il s’agit d’exemples montrant l’absolue nécessité de la logique, d’une pensée dégagée des miasmes, sortie des marécages du rêve et du « n’importe quoi », devenue sûre d’elle-même à la suite de légitimes efforts unanimement approuvés et éprouvés. Je ne cacherai pas que ma réaction est exactement inverse. Je ressens une pensée achevée, construite, élaborée, parfaitement descriptible et transmissible comme une pensée paralysée, morte.


    A mes yeux les textes d’Einstein, Galton, Hadamard, Penrose constituent non pas une preuve (puisque dans ce mode de pensée aucune preuve n’a cours) mais une illustration expressive, vivante, du caractère non logique de toute pensée véritable.


    Pour les uns ce qui compte est le résultat, pour les autres la manière (c’est à dire ce qui se passe vraiment).


    Ceci ne m’empêche pas d’admirer les constructions mathématiques, déductions, objets et théories (tout comme les auteurs cités) lesquels sont parfaitement fascinants. Mais les moyens d’accès à ces objets fascinants le sont plus encore : le mystère est là.


    Il y a des théories sublimes, pour reprendre une expression de Penrose, telles que la Relativité ou les théories de Jauge, qui tiennent compte des invariances fondamentales, ou encore des nécessités formelles énigmatiques (par exemple le caractère indispensable des nombres complexes en physique quantique) mais les théories ou les nécessités formelles, de quelque ordre que ce soit, sont « statiques », ne se développent pas par elles-mêmes, ni ne se générèrent spontanément. Une conscience est nécessaire à leur émergence, à leur élaboration, à leur déploiement.


    Je ne peux confondre la pensée et ses productions.



    Auteurs: Roger Penrose, Jacques Hadamard

    Source: pluton1.club.fr



    PS: Ce phénomène m'arrive lorsque je lis des textes hermétiques dont la compréhension ne se fait que par symbolisme. Après un certain moment mon mental finit par s'épuiser et je "décroche". Je "comprends" ensuite "différemment" ce que je lis, je pense à pleins de choses que je trouve très pertinentes mais celà se fait sans mots, ce ne sont que des "nuances". D'ailleurs même dans la vie de tout les jours, j'ai tendance à "décrocher" assez souvent
    . Et tant que je ne parle à personne je reste "ailleurs", dans un monde ou les mots ne sont que des symboles lointains mais ou je réfléchis malgré tout. Je dois faire des efforts si je veux m'exprimer à l'oral et le fait de parler me fait "retomber". Je suis beaucoup plus à l'aise à l'écrit




    Il est possible d'avoir un réel dialogue avec certaines énergies de manière "inéffable", (un peu comme si nous étions sourd et muet et que nous échangions des regards avec un animal...)



    OK, je suis fatigué, re-




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MessagePosté le: Aujourd’hui à 21:24 (2018)    Sujet du message: Caractère non verbal de la pensée

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